Post-Pétrole/Jan Krizek
Maison de la Fontaine
Brest, Exposition Post-Pétrole à la maison de la fontaine, dans le cadre du festival Ressac, dont j'ai admirablement manqué toute la programmation.
Photographies et vidéos de Peter Iain Campbell, qui comme son nom le suggère est écossais. Après avoir travaillé quelques années sur une plateforme pétrolière, il a la crédibilité et les contacts pour photographier ce monde discret sinon secret. Outre les photographies sur les installations en fonctionnement, il documente le démantèlement de ses insectes géants aux dizaines de pattes.
On les utilise quand les gisements ne justifient pas l'implantation d'une plateforme fixe.
Paysages de fjords norvégiens. Le démontage se fait donc tranquillement à terre.
Me reviennent en tête des images de notre périple en Ecosse vers Cromarty, avec plusieurs de ses monstres, proches du rivage. Nous pensions qu'il les construisaient mais sans doute attendaient-elles plutôt la fin ?
D'ailleurs la BBC me donne raison
Les gisements pétrolifères de mer du nord étant plus proches de l'épuisement que du plein rendement, les démantèlements se multiplient, tandis que les pays qui en ont profité basculent vers l'éolien en mer.
Léna Ferrié tisse, froisse et coud des vêtements, écharpes en matière issues du pétrole, du polyester quoi, car il n'y a pas que le carburant dans la vie, il y a aussi toutes ces saloperies de plastiques.
Thibault Honoré et Justine Maljak, couple d'artistes, créent un jardin très graphique où poussent des Bitminaria bituminosa qui exhale d'entêtes odeurs de bitume quand on froisse les feuilles. Structure en acier, billes de céramiques et lampes sont aussi réalisées par les deux artistes. Les « cailloux » sont des résidus de pétrole de l'Amoco Cadiz, rendus inertes par de la chaux vive et qui avaient été enterrés dans le polder de Brest.
Wytch est le nom du plus important champ pétrolier onshore d'Europe occidentale. dans le Sud-Ouest de l'Angleterre. Une fuite pétrolière en 2023
Enfin au sous-sol, outre les toilettes, on trouve une expérience de la goutte de poix qui permet de suivre la formation d'une goutte de ce quasi solide qui de fait s'écoule lentement. Comptez 10 ans entre chaque goutte.
L'utilisateur peut tenter d'accélérer le procédé en chauffant ou en faisant vibrer le dispositif via deux pédales. Un logiciel tournant sous NT4 (m'a-t-il semblé) enregistre tout cela.
Autres événement de Ressac dont j'aurais aimé connaitre l'existence avant qu'ils n'aient lieu, je les notes des fois que je parvienne à en trouver un enregistrement ou des informations supplémentaires :
- TWO^4 de John Cage
- Présentation du Low-tech lab de Brest
- https://www.lowtechlabbrest.org/
- Ataraxia Sound System de Tom Williamson
- Son ar Lenn de Irène Mopin :
- https://nouveau.univ-brest.fr/festival-ressac/fr/actualite/son-ar-lenn
- https://www.youtube.com/watch?v=s-VfAiiaTn4
- Bathysound, Irène Mopin, Tania Cortes Becerra, collectif Oreille Indiscrète
- https://nouveau.univ-brest.fr/festival-ressac/fr/actualite/bathysound
- https://irenemopin.com/artscience/seascape/
A la médiathèque des Capucins, exposition sur Jan Krizek.
Suite à la fermeture du Musée des Beaux-Arts, conséquence d'une infestation de moisissures sur les collections (des mauvaises langues diront que cela ne pouvait qu'améliorer les oeuvres), les brestois font comme ils peuvent avec des expositions hors les murs.
Ici la médiathèque prête un petit espace discret, tant est si bien qu'il faut mieux le connaitre pour le trouver, pour une exposition sur Krizek un artiste tchèque, né en 1919, qui a passé quelques mois à Ploudalmézeau en 1956. Quelques mois en Finistère donc, largement suffisant pour en faire une figure de l'art breton, après tout on ne trouve pas des artistes sous chaque menhir.
Il s'agit ici d'art brut, sculpture - quand il a un atelier spacieux-, dessin sinon. Ces inspirations ? Je n'en sais rien mais il m'a semblé retrouver des motifs d'anciennes cultures d'Amérique du Sud, paléolithiques (vénus) voire japonaises (culture Jomon) ou aborigènes d'Australie.
En général, l'art brut n'est pas ma tasse de thé (cf. Gaston Chaissac aux Sables d'Olonne) mais ici, je dirais qu'il y a quelque chose. Plus recherché, peut-être des références qui me parlent via l'archéologie.
En 1962, il quitte Paris après avoir détruit toutes ses oeuvres, et devient apiculteur en Corrèze, où il décède en 1985.