Crète mai 2026
La carte, avec 1 calque (et 1 couleur) par jour :
Mardi 19 mai, départ
La nuit parait courte quand le réveil se fait avant l’aube : 4 h30. Dandy a été gentil et nous a laissé dormir, bien que la trappe soit fermée. Musha par contre, enfermée dehors, faisait de la peine, trempée de la nuit.
L’aéroport de Brest est petit mais semblable à tous les autres, sans âme. Je n’ai plus l’habitude de prendre l’avion (batterie lithium en cabine et non en soute, rapport sans doute au fait à leur tendance à prendre feu en cas de choc) : j’en suis plutôt fier.
Rien à signaler sur le voyage, l’arrivée et la récupération de la voiture si ce n’est qu’Europcar est, comme à son habitude, situé au plus loin possible de l’aérogare. Nous apprendrons plus tard qu’il devait y avoir une navette pour nous éviter le trajet à pied avec la valise.
Il n’y a qu’une seule heure de décalage avec la France, la température est la même qu’en Bretagne (soit 19°C), mais le changement d’ambiance en moins de 4 heures est trop rapide : j’éprouve une peu agréable sensation de flottement, un sentiment d’irréalité.
Le temps est couvert. Un petit quart d’heure de voiture et nous arrivons au palais de Knossos : on se gare à la place des bus, cela semble être la tradition (en réalité nous découvrirons les jours d’après que la tradition est de se garer n’importe où).
Du peuple. Et encore on doit être loin de la fréquentation de haute saison.
Des chats, des chiens, des paons.
La reconstruction peut en effet poser question mais procure l’indéniable avantage de donner une première idée du site. Certes il y a des colonnes en béton, des poutres en béton dont la texture imite le bois mais cela aide à poser l’imagination.
A noter la voie royale, pas vraiment mise en valeur, est sympathique.
Belle route ensuite vers l’ouest jusqu’à Arkadi : notre petite Panda hybride peine déjà dans les montées. Le monastère est magnifique et impose une ambiance assez intime notamment dans sa cathédrale à double nef. On n’a pas le droit de faire des photos dans les intérieurs, je respecte l’interdiction : je suis bien le seul d’autant qu’il n’y a pas de surveillant dans chaque pièce.
Le site est un symbôle de la résistance grecque aux Ottomans, ses derniers occupants préférant se faire sauter dans la réserve de poudre que de tomber aux mains des turcs. Victor Hugo a écrit des lettres à ce sujet
Il y a des chats et des oiseaux partout. Dans le petit musée, on trouve quelques broderies/ouvrages/manuscrits…et des boucles de ceinture en forme de bikini.
Un ancien moulin à vent a été réutilisé en tant qu’ossuaire.
Le soir, arrivée à Rhétymnon, tout le charme d’une une cité balnéaire lambda, un peu comme je m’imagine Ibiza. J’exclus la vieille ville de ce constat mais elle reste éminemment touristique : une boutique sur 2 est une bijouterie.
Beaucoup d’hirondelles (à moins que ce ne soit des martinets?) : ceci étant sans doute lié à un habitat avec beaucoup de recoins où elles peuvent nicher.
Diner au Kapillo : poulpe grillée à côté d’une table d’ados attardés américains (pléonasme). Si tôt la nuit tombée, il ne fait pas toujours chaud dans les petites ruelles, nous sommes donc abrités sous un parasol chauffant. Vu le bilan carbone de notre journée avec un vol en avion, c’est négligeable.
J2
Le lever est à 9h00, autant dire que le soleil est déjà haut mais pour moi c’est dur… et ce sera ainsi tout le séjour.
Petit déjeuner au buffet de l’hôtel qui obtient des notes mitigées de notre jury notamment du fait d’une piètre réalisation du jus d’orange. En réalité, il est très bien ce petit-déjeuner, pour peu qu’on s’abstienne d’une feta décidemment trop salée.
A Armeni, il y a un cimetière minoen tardif (1400-1200 Av JC). Parmi les chênes verts et les hautes herbes, plus de 200 tombes sont creusées dans le calcaire avec des outils en bronze.
« Découvertes » en 1969, des tombes avaient déjà été localisées par les Allemands lors de leur invasion de 1941, mais ils avaient autre chose à faire que de fouiller (éviter de partir sur le front Russe par exemple). Les artefacts trouvés sur place sont au musée Rhétymnon (on les verra plus tard notamment les coffres en terres cuites autrement appelés « larnax », magnifiques).
Il est possible de descendre dans certaines tombes.
Myrthios : village typique, à flanc de montagnes, vue sur la mer, beaucoup d’AirBnB.
C’est pentu, pas un chat. Enfin si, façon de parler, il y a des chats mais personne à 2 pattes.
A Préveli, nous visitons 2 monastères, un en parfait en état avec chats, tortue terrestre et oiseaux. La vue est magnifique, le Routard signale de « curieuses cheminées », qu’on croisera en réalité plusieurs fois. Le site a été fondé au XVI et a accueilli des soldats alliés lors de l’invasion allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. Comme à Arkadi, la cathédrale possède une double nef. L’environnement donne envie de se faire moine.
Le premier monastère de Prévéli, est niché plus dans les terres, en fond de vallée. Il est maintenant en ruines, et nous en sommes les seuls visiteurs.
Retour par les gorges Kourtaliotikos qui offrent de jolies vues
15 minutes de repos à l’hôtel, et visite de le vieille ville de Rhétymnon. La citadelle abrite plusieurs bâtiments bien conservés dont une mosquée mais il y a manque complet d’explication : le panorama en revanche vaut le coup d’œil.
Porte Guora, Fontaine aux 3 lions, le jardin de la ville est le seul endroit un peu calme.
Les plus jolies rues sont souvent les plus vides
Diner au Erotili, sous tonnelle avec plein de chats, poulpe et moules, végétarien pour moi
J3
Réveil à 9 h00 encore une fois
Visite du musée de Rhétymnon : nous nous faisons avoir, la loggia vénitienne n’est que le museum shop et n’est pas à côté du musée. Pas grave, cela nous donne l’occasion de découvrir la discrète mosquée Kara Moussa Pacha.
Au musée un chat visite en même temps que nous, traversant les mosaïques, allant de visiteurs en visiteurs
A l’accueil, un petit affichage indique « I love my colleagues » peut être en lien avec ce chat ?
Il n’y a qu’une (grande) salle avec 3500 ans d’histoires quand même à résumer ! Le tout est donc bien condensé.
Dehors, il fait 23°C et pourtant on meurt.
Départ pour l’arrière-pays et plus particulièrement, la vallée d’Amari
• Thronos/Syvritos
• Amari où l’on peut monter dans le clocher
• Gerakeri, célèbre pour ses cerises (même si on ne verra pas la queue d’un cerisier)
• Méronas où nous pique-niquons à côté d’une « Ekklisakia », les mini-chapelles routières qu’on voit partout en Crète.
• Apostoli avec un très vieil olivier dont j’ai complètement raté le portrait
• Barrage de Potamoi
Dans ce circuit, nous avons raté un monastère en ruine qui nous a fermé la porte au nez
Le paysage est couvert d’oliviers et orangers, et n’offre que peu de zones plates.
Au retour à l’hôtel nous allons à la plage: peu de zone libre, c’est un peu l’usine, on est entouré de fesses… et de plages privées.
L’occasion d’une phrase qui fera date : « la plage est un open space où les transats remplacent les cubicles »
Diner au Corina
Partout les chats mendient de la nourriture, ils sont mignons, parfois peureux, jamais agressifs mais peuvent se battre. Ils sont en moyenne assez pouilleux et me font bien de la peine à voir.
J4 :
Checkout de l’hôtel et route pour le sud-ouest de Rhétymnon et plus particulièrement Argiroupoli. Nous ne nous garons pas au bon endroit mais évitons ainsi un car de français. Il y aurait 10 églises dans le village, on se focalisera sur l’une qui permet d’admirer le village en entier, et une belle mosaïque.
Une petite commune typique donc : il faut de bonnes jambes mais en échange on a une belle vue autour.
Leurs cimetières trustent les meilleurs points de vue comme d’habitude.
Il parait que nous traversons le pays de l’avocat, mais nous n’en repérons pas.
Nous descendons ensuite plein sud, jusqu’à la côte, ça serpente beaucoup.
On a mal lu le guide (et mal vérifié le trajet Ware) on ne peut pas aller à Louvro à pied sec. L’embarquement pour le ferry étant déjà saturé de touristes, nous nous rabattons sur les gorges d’Imbros. Et là encore on a mal lu le Routard (qui nous aura bien dépanné, depuis qu’Internet s’est vidé de son contenu, le papier revient en force), on parcourt donc les gorges à la montée, à contre-sens de tout le monde (font chier les gens qui respectent les consignes).
Le cadre est sympathique, mais pas oufissime non plus. A mi-parcours, un vendeur d’eau fraiche (et de bières) avec un petit âne qui assure le transport sur le chemin caillouteux. La formation des gorges ne serait pas expliquée uniquement par l’érosion de l’eau mais par de grands mouvements le long des failles.
Installation à l’hôtel HALEPA (très bien malgré son nom), nous sommes accueillis par une française (la boss a priori). Visite de La Canée : ville plus jolie que Rhétymnon, les vénitiens savaient construire un port, plus paisible aussi, moins Ibiza que Rhétymnon mais touristique bien sûr.
Diner au Salis sur les quais
En Crète, les WC sont souvent propres (plus qu’en France en tout cas), en revanche, il ne faut pas jeter le PQ mais le mettre dans une poubelle à part. Difficile au début, mais on s’y fait et ça ne parait pas idiot.
J5
Lever 8 h45 -donc tôt- déjeuner dans le jardin sous le soleil alors que certaines avaient annoncé de la pluie.
Départ pour la côte ouest à Phalassarna qui est beaucoup moins glauque qu’annoncé par le Routard. Certes il y a des grandes serres en plastique (tomates, courgettes) mais peu de béton.
Nous allons à l’ancien site grec (-300 BC), un groupe d’étudiants norvégiens nous fait tester leur application pour ipad avec de la réalité augmentée. Voici un projet d’étude sympa. On se rend ainsi bien compte de la taille et de la structure du site. Le sol s’est soulevé de 6-8 m lors du tremblement de terre de +365 (21 juillet Mag 8, l’épicentre étant à 4 miles nautiques et générant un tsunami qui causera 10 000 morts en Egypte).
Petite promenade parmi les oliviers, puis route tortueuse vers le monastère de Chryssoskalitissa. Route splendide à flanc de montagne, laurier rose.
Monastère bien situé et sympathique.
La flore de l’île est finalement variée, c’est vert alors que tout parait aride pourtant.
Route retour vers la Canée (1h30)
Shampooing
Diner au Faka : une princesse passe, mais un Chinook a plus de succès qu’elle.
J6 les conducteurs du dimanche
Parlons des grecs au volant. Pour le dire vite, c’est un grand n’importe quoi.
Personne ne s’arrête aux stops (dont il semble exister deux tailles de panneaux, pas sûr que cela change quoi que ce soit), ils ne conduisent pas franchement vite, d'ailleurs les routes ne s’y prêtent pas forcément, juste n’importe comment. On peut s’arrêter n’importe où, n’importe quand, sans prévenir, rouler à 20 kmh au lieu de 70, coller les ambulances pour profiter de leur passage, doubler malgré les lignes continues, rouler sur les bandes d’arrêt d’urgence. Un petit truc : s’il y a un clignotant c’est un touriste, méfiance, il ne connait pas les usages. S'il n'y a pas de clignotant, c’est un local, méfiance, il connait les usages. Nous avons fait 850km pendant cette semaine, mais cela parait beaucoup plus tant on est toujours en train de se demander ce qu’ils vont inventer.
Et le pire c’est qu’ils peuvent faire tout ça encore plus mal, cela s’appelle le dimanche.
Le seul point positif que je retiens de mon expérience de conduite : les station-services qui ne sont pas en libre-service ! Comme au Japon, on se faire servir, ça j’aime.
En revanche, côté véhicule, la Panda, même sous-motorisée, est parfaitement adaptée, se faufile partout. D'ailleurs on ne voit que ça sur l'île.
Nous optons pour la presqu’il Akrotiri sise immédiatement à l’est de La Canée et commençons par le monastère de Gouverneto. Problème : si tu es en short, tu ne rentres pas. Et il faut être bien couvert sauf la tête. De toute façon, c’était la messe donc on descend à la grotte et au monastère de Katholiko
Une chapelle est creusée dans la roche, un pont enjambe le ravin, il n'y a pas à dire ils ont mis les moyens pour leurs ermites.
Le ciel est un peu voilé, tant mieux parce que ça tape déjà dur et qu’il n’y a pas que le soleil qui tape, il y a aussi les autres touristes.
Sur la route, arrêt au monastère d’Agia Triada, distant de quelques kilomètres seulement : belle construction majoritairement du XIXème, joliment fleuri, il manque là encore des explications mais le petit musée contient de superbes manuscrits et ouvrages lithurgiques.
Un peu plus dans les terres, nous visitons le parc botanique de Meskla : le site a été détruit par le feu en 2003 ; depuis il a été décidé de créer un jardin « pas plat » comme l’annonce en français la caissière. Il y a beaucoup de plantes étrangères ; du moins au début, puisqu’on commence par la zone tropicale. De manière générale, on aurait aimé avoir un focus plus prononcé sur les plantes locales, les variétés d’olive par exemple
Et pour les fruits exotiques ce n’est pas la bonne période, d’ailleurs on ne sait pas quelle est la période : il manquait les dates de floraison et fructification sur les nombreux panonceux.
Quelques animaux dont des paons qui assurent la sonorisation, ânes, daims
Retour à l’hôtel : marche dans le quartier de Kastelli, où on trouve des vestiges archéologiques dès qu’on creuse. Demander un permis de construire doit être un cauchemar.
Diner sur les quais au Neopia
A Rhétymnon et La Canée, beaucoup de bâtiments sont abandonnés et pourtant ils donnent directement sur la mer, étrange.
J7 Aptera
Petit trajet jusqu’à Aptera : un site greco-romain dissimulé dans les coquelicots et les hautes herbes qui offre une magnifique vue sur la baie de Souda, un des abris maritimes majeurs de la méditerranée, l’un des rares pouvant accueillir des porte-avions.
Deux gigantesques citernes à eau (il n’y a pas de source sur ce plateau rocheux), des thermes avec les restes des hypocaustes, un théâtre grec puis romain : l'accoustique depuis le point focal est à tester je perçois les dires d'Elisabeth à plusieurs mètres alors qu’à côté d'elle je ne comprends habituellement qu'un mot sur 2.
A la canée, visite du nouveau musée Archéologique, une rapide chronologie pour resituer, l’étendue temporelle couverte :
• 3100- 1900 Civilisation Minoenne
• 1900-1700 époque protopalatiale
• Vers 1700 Séisme
• Eruption Minoenne (= Santorin) vers 1610
• Env 1450 incendies des principaux palais
• 1450-1200 Palatial Final / post-palatial: les mycéniens arrivent
• Vers 1200 : les centres mycéniens sont détruits
• Reconstruction X-IX ème BC
• Cités-états
• -69 : Kydonia =Chania = La Canée devient romaine
A noter les très belles vitrines traitées antireflets, on ne les perçoit pas du tout sur les photos.
Après le musée, visite de la vieille ville côté ouest : on a le choix entre AirBNB et ruines, rien d’autres !
Resto bouiboui vu que je suis tout seul sur les quais
J8 :
Levés à 6h45, s’agirait pas de rater le vol, notre chat nous attend. Départ dans la foulée, retour sans histoire, arrivée à 9h45 à l’aéroport et on attend : l’aéroport est déjà bien chargé alors qu’on est au début de la saison ! Et bruyant. Il faut le dire, les grecs sont bruyants, les touristes pas franchement discrets et même si nous étions hors vacances scolaires, nous avons trouvé qu’il y avait beaucoup d’enfants, quand un seul suffit à ruiner l’ambiance sonore.
Débarquement à brest : +10 °c de différence !!
Appareils photos : EOS 450D avec EF28-105, filtre polarisant (indispensable), GRIII