Dinard via Lamballe
Samedi
Lamballe, musée Mathurin Méheut qui occupe maintenant un bâtiment moderne dans l'emprise des Haras. Ces derniers ne se visitent pas aujourd'hui. En tout cas cela procure davantage de place, de lumière pour la collection du peintre breton qui accueille Henri Rivière en exposition temporaire. Nous adorons les 2 artistes, je vais donc pas avoir à redire si ce n'est sur les vitres générant beaucoup de reflets (et encore sont-elles traitées).
L'occasion de confirmer que Rivière a aussi fait des xylo (et pas que des lithographies) : il a même commencé par cela avant de migrer vers la pierre pour permettre des tirages plus larges. L'exposition indique que cela est plus contraignant en termes de matériel, j'avoue que j'ai un doute.
Lamballe parait engoncée dans une torpeur estivale, voire même un peu morte. Des haut-parleurs diffusent de la musique dans les rues, mais est-ce pour la fête prévue le soir ou pour nier le côté trépassé ?
La collégiale Notre-Dame bien protégée sur un éperon rocheux qui dominent la ville a été dotée de vitraux modernes, sobres et géométriques.
Dinan au contraire est vivante, les parkings sont pleins, les rues très animées. Nous débutons par le château, en réalité une (grosse) tour reliée par rempart et passage couvert à la tour la plus méridionale du rempart celle de Coëtquen. Après avoir servi de palais au duc de Bretagne Jean IV (fin XIV), elle fut utilisée comme prison pour 800 (sic) ressortissants de la perfide Albion puis des droits communs.
Nous enchainons ensuite par la tour de l'horloge, qui culmine quelques mètres plus haut encore.
Belle charpente et panorama toujours aussi agréable sur les petites rues piétonnes aux nombreuses boutiques de créateur et galeries d'artiste.
Départ pour notre rdv de 16h30 à La Rance, pour la visite guidée. Il y a du monde et malgré le temps qui passe nous réduisons encore pas mal la moyenne d'âge. L'usine marémotrice fête cette année ses 60 ans : elle produit maintenant un peu plus de 240MV ce qui représente la consommation de Rennes... si ses habitants étaient prêts à se câler sur le rythme des marées pour leur approvisionnement en électricité.
Les caquots sont des cylindres creux en béton, ils flottent à l'horizontale, on les basculait verticalement puis remplissait de sable, ils délimitaient ainsi la zone sèche où le barrage a été construit.
La salle des machines (photos interdites mais wikipedia semble avoir le droit)
mesure 300 m de long et depuis qu'EDF a placé des protections accoustiques, le niveau sonore n'est qu'à 90 dB ) ! Les turbines situées encore 15 m sous le plancher, sont en majorité encore celles qui ont été bénies par le grand Charles en 1966.
A noter qu'il n'y a que deux usines de ce type dans le monde, faute à des conditions d'installation assez draconniennes, il faut un grand marnage, de quoi accueillir la retenue d'eau, un sol qui ne se débine pas,...
En février 2023, elle est mise à l'arrêt pour permettre le passage d'un baleineau égaré (9 m de long), j'imagine la tête de mes anciens collègues quand il leur a fallu reprendre leurs prévisions de production pour cause de baleine, ils ont dû se dire "alors là c'est assez"...
Nous arrivons à notre hôtel de Dinard le Printania, hôtel "à l'ancienne" avec chambre très traditionnelle et superbe vue sur l'estuaire depuis le balcon.
En se baladant sur la promenade au clair de lune (nom poétique apposé à une chemin bétonné sur les rochers, oui c'est du béton mais la vue vaut le coup), nous nous faisons la remarque que nous n'avons pas l'impression d'être en Bretagne. Certes il fait beau, comme toujours dans notre jolie région, mais les somptueuses demeures qui dominent la mer, le public, ne font pas très bigouden.
Diner au bord de la promenade et de l'eau à la Gonelle
Dimanche
Réveillés tôt pour cause d'absence de volet et de chaleur précoce. Déjeuner en plein soleil avec toujours vue surplombante sur la belle bleue.
Début dès 10h à l'exposition sur Dubuffet. J'y allais pour améliorer ma culture G, j'en ressors enchanté. Déjà l'expo elle-même est magnifiquement scénographiée (en particulier à l'étage Coucou Bazar et l'Atelier Logologique), le cadre est plus que sympathique avec de grandes baies vitrées donnant sur la plage mais le sujet est surprenant. Je connaissais peu l'artiste et l'associait à un art brut un peu basique.
Certes il faut aimer le bleu, blanc, rouge et noir mais malgré cette palette limitée et un répertoire de formes somme toute sommaire, il parvient à créer tableaux, sculptures, architectures, décors et costumes de théatre, mobilier, etc..
Je découvre aussi qu'il avait son atelier à Périgny (94) et qu'il a réalisé la Closerie Falbala, vaste maison/jardin abritant son Atelier Logologique. PLus de 30 ans en Région Parisienne et jamais entendu parler de ça...
Cet édifice est construit en résine sur un chassis métallique et du béton (pour la dalle je suppose). En réalité la résine est utilisée sur toutes ses scultpures : lui travaille sur un original en polystyrène qu'il découpe, râcle, triture. Puis ses assistants utilisent un pantographe pour agrandir l'oeuvre à sa taile définitive. Il la recouvre ensuite de toile imprégnée de résine. Le tout sans masque, aucun des assistants n'est donc encore vivant (hypothèse).
Nous remontons ensuite la Rance pour le domaine de Montmarin mais je me suis planté dans les horaires, cela n'ouvre qu'à 14h mais un occupant m'indique que bientôt je pourrais avoir raison avec une ouverture plus tôt. Tant pis. Nous nous rabattons sur le Jardin des Osmanthes à La Bouillie. Planté il y a seulement 4 ans par un couple et organisé autour de la thématique des senteurs. Malgré le jeune d'âge du jardin, c'est aménagé avec beaucoup de goût, et l'ombre bienfaisante des muriers est appréciable, tant le soleil est vachard.
Nous faisons ensuite la route en vitesse jusqu'à Quintin, quelques km au sud de Saint-Brieuc, devant arriver pile pour la visite guidée. Celle-ci ayant commencé en avance, nous ratons le début mais on aura le droit à un rattrapage à la fin : la chatelaine nous fait visiter une (petite) partie des pièces. Ils ont la chance d'avoir conservé au fil de siècles, nombre de meubles, objets de toilette, jeux de société, services de table et n'ont pas eu à les chiner à droite à gauche.
Un joli jardin à la française a été planté l'année dernière, suite à un saccage par des locaux et l'attente de ce qui advenait avec la pyrale.
Quintin est un joli village, avec des belles demeures en pierre, d'autres à pans de bois, un cathédrale qui parait quelque peu disproportionnée par rapport à la taille de la ville et un épicier so british ouvert le dimanche après-midi, ce qui dépanne bien.
Retour à Brest où il faisait finalement plus chaud (encore), demain toute la Bretagne sera en alerte rouge canicule.
Chouette week-end expo/jardin/châteaux et bonus, peu d'enfant lors des visites, normal c'est une région chère donc de vieux. Comme nous.