Au Pays du Roi Morvan

Ce 15 août, la route est chargée vers le sud à partir de Quimper. En plus le voyant de sous-gonflage de la voiture se rallume nous faisant craindre une crevaison pour bien commencer le week-end. A priori rien de grave, puisque nous arrivons à Poul Fetan avec juste un peu de retard retrouvé un couple d'amis et leurs enfants en villégiature morbihannaise.

Poul Fetan, les chaumières
Poul Fetan, les chaumières

Poul Fetan est un village breton reconstitué au XIXème siècle, avec des magnifiques chaumières -il n'y avait que peu d'ardoise dans le coin- un lavoir, une école, quelques maisons et bien sûr un bar-restaurant tout à fait actuel. Niché dans un petit vallon, encore verdoyant malgré la sécheresse qui semble sévir davantage encore ici que dans le Finistère, quelques moutons, chèvres, cochons, une forge un potager presque aussi beau que le mien, mais heureusement plus grand se déploit dans le village, ainsi que des petits bosquets de chanvre et de sarasin. Des comédiens animent la visite, présentent les activités d'entan : fabrication de bougie à la cire d'abeille, cire qu'on pouvait faire blanchir au soleil et les offrir à monsieur le curé, qui les trafiquant ensuite avec un artisan chandelier les refourguant bien cher aux bourgeois, tressage de corde, lessive. Il y a des lits clos hiérarchisés selon la distance au foyer (les anciens près du feu), des clous pour suspendre les bébés et leur éviter de finir dans l'estomac du cochon.

Poul Fetan, les lavandières
Poul Fetan, les lavandières

Eh bien, croyez-le ou non, nous avions trouvé l'idée la veille, pas forcément convaincus mais en nous étant dit que ça pouvait plaire aux enfants (parce qu'en réalité notre spécialité ce sont les chats, pas les gosses) et c'était très bien : le lieu est sympathique, je ne sais pas dire s'il est restauré ou construit car justement c'est l'histoire du site qui fait défaut et qui est bien le seul reproche à formuler.

Nous pique-niquons sur site avant de prendre la direction de Guéméné-sur-Scorff, le haut-lieu de l'andouille dont nous ratons la grande fête à une semaine près. Nous n'y allions pas pour les charcutailles mais pour visiter un rare sauna médiéval et une petite exposition sur l'hygiène au moyen-âge. Le sauna est dans un lieu parfaitement adapté, on y sue à grosses gouttes sous la chaleur estivale et les grandes baies vitrées...(le bâtiment est un ancien garage auto). Mais c'est la première fois que je rentre dans un sauna à voûte croisée d'ogives, le site est l'occasion de rappeler que l'ère de la crasse commence à la Renaissance, avant on est propre.

Voute du sauna
Voute du sauna
Le sauna vu de l'extérieur
Le sauna vu de l'extérieur

Guéméné est également le site d'un ancien château à la taille imposante, mais dont il ne subsiste qu'une fraction des remparts, une tour et la porte principale. L'église du XIX est séparée de son clocher, trappu il est bâti sur une éminence toute proche.

Le clocher esseulé de Guéméné
Le clocher esseulé de Guéméné

Nous nous séparons de nos amis avant de filer vers notre auberge à Pont-Calleck via une allée couverte un peu plus au nord de Guéméné. L'hotel est niché près d'un ruisseau, au coeur de la forêt et en zone blanche. Le rêve.

Allée couverte de Bot Er Mohet
Allée couverte de Bot Er Mohet
Le pont de Pont-Calleck
Le pont de Pont-Calleck

Diner sur place en terrasse, délicieux et nuit au calme sans boules-quiès.

J2

Lever et petit-déjeuner à 9h, circuit largement pas préparé pour cette journée. Nous commençons par la chapelle Saint-Anne-des-bois. Le parc qui se visite est fermé jusqu'au mardi suivant (c'était en effet très bien préparé), alors nous allons directement à Kernascléden dont l'église est connue pour sa danse macabre. Ayant opté pour le mauvais outil, mes photos en intérieur sont complètement ratées, Wikipedia vous éclairera mieux que moi sur ce point.
En tout cas, les fresques colorées au plafond, la danse macabre elle-même, la fresque des enfers font de cet édifice un joyau.

La Danse Macabre
La Danse Macabre

Tout à côté, la maison de la chauve-souris (fermée ce matin).
Après un retour à l'hôtel parce que j'avais oublié de rendre la clé de la chambre, nous nous dirigeons vers le château de Coscro. Un rally automobile (version voitures de sport cossues et modernes, comme l'indique notre hôte " ce n'est ni du vintage ni de l'électrique") prend son départ, nous patientons quelques instants avant que le propriétaire des lieux nous fasse la visite.

Le château depuis les jardins à la française
Le château depuis les jardins à la française

Etant venu en vacances enfant dans la région, il avait eu le coup de coeur pour ce site et l'a acheté avec sa femme, en 1984. La ruine, passablement endommagée par un sinistre individu en 1976 qui en vendait les pierres, a été patiemment rebatie intérieur et extérieur. Surtout, sous le champ faisant face au domaine, ils ont découvert le jardin à la française.

Les jardins vus non depuis mon drone mais du second étage du château
Les jardins vus non depuis mon drone mais du second étage du château

Enfin, "découvert", ce n'est pas "on creuse avec une bêche et eureka le trésor", des études et une fouille méthodique menée par.... ont permis de retouver les fosses de plantation, restituer les douves, comprendre l'aménagement du terrain et ses inclinaisons faibles (2.60 et 1.80°) permettant d'éviter l'accumulation d'eau tout en préservant une réserve hydrique : ça marche car même si les haies ont été taillées il y a 10 jours, elles repartent déjà et à part la pelouse tout reste encore vert. Un magnifique escalier en granit, ouvert à la mode italienne, dans la maison et des pièces somptueusement reconstitués complètent la visite.

Ensuite nous allons vers 2 chapelles : Saint-Fiacre au jubé polychrome a la taille d'une église, Sainte-Barbe "Notre-Dame des escaliers" est plus intimiste, logée à flanc de vallons en lisière de forêt.

Jubé Polychrome
Jubé Polychrome
Sainte-Barbe
Sainte-Barbe

Nous arrivons ensuite à Notre-Dame de Langonnet, abbaye spiritaine (une congrégation missionnaire) qui accueille pour quelques semaines encore, avant de fermer ses portes, des prêtres et moines à la retraire. Elle dispose d'un rare (unique ?) cloître trapézoidale, une belle salle capitulaire/chappelle gothique et d'écuries majestueuses reconverties une abbatiale rococo. Le rococo on aime pas ou aime pas, mais la salle présente de beaux volumes. La guide nous dit que quand il y a de la lumière c'est beau. On a quelques doutes.

Le cloitre
Le cloitre
Musée Africain, eh oui Giacometti n'a pas tout inventé.
Musée Africain, eh oui Giacometti n'a pas tout inventé.

A côté de cet édifice, un musée africain où les missionnaires ont déposé leurs cadeaux : la guide a bien insisté ce n'est pas du vol ou de l'appropriation culturelle. Je note de très jolis sanzas malheureusement sous vitrines. Ces pièces vont en septembre être déménagées au musée d'Alès.

Prix du lot : 2M€ pour plus de 5000m carrés et 56 hectares. Accessibles mais combien de travaux ?

Implantée dans un environnement naturel préservé, cette ancienne abbaye cistercienne constitue un ensemble immobilier et foncier rare de près de 58 hectares, mêlant patrimoine historique, espaces naturels et potentiel de développement.
Fondée au XIIe siècle comme abbaye cistercienne, le site a traversé près de neuf siècles d'histoire et conserve aujourd'hui une composition architecturale remarquable, organisée autour de son ancien ensemble monastique. L'abbaye compte parmi les lieux historiques emblématiques du Centre Bretagne.
Composition de l'ensemble immobilier : une abbaye historique organisée autour de son cloître ; une salle capitulaire inscrite Monument Historique, élément patrimonial majeur du site ; une abbatiale ; un grand bâtiment mixte accueillant actuellement un musée et des espaces d'habitation ; une ancienne école reconvertie en logement ; deux longères accueillant d'anciens ateliers ; une ancienne ferme ; plusieurs dépendances, ateliers, serres et bâtiments annexes ; une chapelle ; un cimetière ; des espaces naturels boisés et des terres agricoles.
Par son échelle et son caractère, le domaine se prête à de nombreux scénarios de valorisation (sous réserve des autorisations administratives et patrimoniales) : destination hôtelière ou hôtellerie de caractère, écolieu ou lieu de vie partagé, retraite bien-être, santé et spiritualité, projet culturel ou artistique, tier

Enfin, dernière étape, le musée Sérusier à Chateauneuf-du-Faou, qui vient de rouvrir. Je ne suis pas très fan des Nabis, ni de Sérusier mais la visite est intéressante pour découvrir le mouvement, l'homme, et sa femme artiste elle-aussi puisqu'elle l'a rencontré en tant qu'élève. Je le savais catholique et mystique mais pas théosophe.

Les deux chats au compotier Jacques Nam
Les deux chats au compotier Jacques Nam

Ne cherchez pas sur Internet, on ne trouve plus rien -dingue à quel point on a vite tout perdu sans s'en rendre compte- voici quelques autres oeuvres de lui

Cerisier en fleur, Marguerite Gabriel-Claude Sérusier
Cerisier en fleur, Marguerite Gabriel-Claude Sérusier

Un petit circuit dans le village permet de découvrir leur maison historique, murée et délaissée, l'aulne et les lieux qu'ils ont représentés en peinture.

La maison des Sérusier avec au fond le domaine de Trévarez
La maison des Sérusier avec au fond le domaine de Trévarez
La carte
La carte

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